CONSTRUIRE AVANT DE DESSINER
Je commence rarement par le dessin. Je découpe du papier, je plie, j'agrafe, je construis des volumes. Je les manipule jusqu'à ce qu'une forme trouve naturellement son équilibre. Une maquette révèle immédiatement ce qu'un dessin peut encore cacher.
C'est au cours de cette recherche qu'est né le Matti. Son volume est construit en trois parties : un centre et deux côtés dont les plis dessinent sa silhouette. C'est le premier modèle pour lequel j'ai eu le sentiment de ne plus avoir besoin d'ajouter ou de retirer quoi que ce soit. La direction était enfin juste.
C'est en hommage au regard de ma grand-mère, Matti, qu'il trouve son nom.
Quand je crée un sac, je pense toujours à son usage réel. Il doit contenir l'essentiel d'une journée, rester léger, accompagner les mouvements sans s'imposer. Il y a un moment où, en portant un objet au quotidien, on finit par ne presque plus le sentir. Il est là, mais il fait désormais partie de soi.
C'est probablement cela que je cherche à créer. Des objets qui accompagnent plutôt qu'ils ne s'imposent. Des objets qui vieillissent avec la personne qui les porte. Des objets qui, avec le temps, deviennent un peu familiers.