Avant d'être une maison de maroquinerie, Avsten est une manière de regarder les objets.

Certaines histoires commencent par une idée. La nôtre commence par un regard.

J'ai grandi entourée d'artistes, de gestes précis et d'objets façonnés à la main, porteurs de mémoire et de sens.

Dans ma famille, la main n'a jamais été un simple outil. Elle transmet, elle relie, elle raconte. C'est dans cette lignée que je m'inscris aujourd'hui, en créant des objets qui réunissent celui qui imagine, celui qui façonne et celui qui choisit de vivre avec.

Fille d'une mère suédoise et d'un père français, j'ai grandi entre deux cultures. La douceur et la retenue de la Scandinavie rencontrent l'intensité et la sensibilité françaises. Cette dualité a façonné mon regard bien avant que je choisisse le design. Elle influence encore aujourd'hui ma manière d'aborder les matières, les lignes et les volumes.

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CE QUI MA ÉTÉ TRANSMIS

Ma grand-mère était céramiste. Pour elle, la forme, l'équilibre des proportions était ce qu'il y avait de plus important. Elle répétait souvent la même chose : « La ligne, la ligne, la ligne. »
Je ne savais pas encore que ces gestes construisaient déjà mon regard.

Ma mère, illustratrice et photographe, m'a transmis un autre regard. Celui de la lumière, des proportions, de ce qui se joue autant dans le cadre qu'en dehors. Elle m'a appris qu'une image se construit autant avec ce que l'on montre qu'avec ce que l'on choisit de laisser respirer.

Avec le temps, j'ai compris que ces deux regards n'en formaient qu'un.

APPRENDRE À REGARDER

Après mes études à l'Institut Français de la Mode, j'ai rejoint les studios de création de Louis Vuitton, Loewe et Bottega Veneta. J'y ai appris la précision. L'exigence. Le temps nécessaire pour ajuster une ligne, corriger une proportion, recommencer un détail jusqu'à ce qu'il trouve naturellement sa place.
Mais plus encore, j'y ai appris à regarder. À comprendre que ce qui paraît simple est souvent le résultat du plus long travail. Quelques années plus tard, j'ai ressenti le besoin de revenir à une création plus personnelle. Une création qui laisse davantage de place au temps, au geste et à l'intuition.

C'est de cette envie qu'est née Avsten.

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LA MER ET LA PIERRE

En mars 2023, je retourne en Suède, sur les traces de ma famille. Je n'y cherche pas seulement mes origines. J'essaie de comprendre ce qui façonne, depuis toujours, mon regard. Les paysages répondent à cette question. Une ressemblance frappante avec ceux de la Bretagne, un lieu dans lequel je m'évade et qui m'inspire tant.
Deux mondes contrastés : la fluidité et la solidité. La mer façonne la pierre, y grave son passage et son histoire, une histoire qui évolue à chaque mouvement, à chaque retour. 

hav (suèdois) = mer 

sten (suèdois) = pierre

avsten

Deux mots suédois que l’on s’approprie dans notre langue. Deux forces qui relient la terre et la mer, deux cultures, deux horizons, réunis en un seul nom.

CONSTRUIRE AVANT DE DESSINER

Je commence rarement par le dessin. Je découpe du papier, je plie, j'agrafe, je construis des volumes. Je les manipule jusqu'à ce qu'une forme trouve naturellement son équilibre. Une maquette révèle immédiatement ce qu'un dessin peut encore cacher.

C'est au cours de cette recherche qu'est né le Matti. Son volume est construit en trois parties : un centre et deux côtés dont les plis dessinent sa silhouette. C'est le premier modèle pour lequel j'ai eu le sentiment de ne plus avoir besoin d'ajouter ou de retirer quoi que ce soit. La direction était enfin juste.
C'est en hommage au regard de ma grand-mère, Matti, qu'il trouve son nom.

Quand je crée un sac, je pense toujours à son usage réel. Il doit contenir l'essentiel d'une journée, rester léger, accompagner les mouvements sans s'imposer. Il y a un moment où, en portant un objet au quotidien, on finit par ne presque plus le sentir. Il est là, mais il fait désormais partie de soi.

C'est probablement cela que je cherche à créer. Des objets qui accompagnent plutôt qu'ils ne s'imposent. Des objets qui vieillissent avec la personne qui les porte. Des objets qui, avec le temps, deviennent un peu familiers.

D'UNE MAIN À L'AUTRE

Au fond, Avsten raconte peut-être une seule histoire. Celle de la main.
La main de ma grand-mère qui façonnait la terre.
La main de ma mère qui dessinait et composait des images.
La mienne, qui cherche une ligne, construit un volume et donne naissance à une forme.
Puis celle de l'artisan qui travaille le cuir avec la même attention.
Et enfin, celle de la personne qui choisira de vivre avec cet objet.

Un sac ne s'arrête jamais à celui qui le crée. Il continue de vivre dans les mains de l'artisan qui le façonne. Puis dans celles de la personne qui choisira de vivre avec lui. Peut-être que l'histoire d'Avsten commence simplement là. D'une main à l'autre.